Triptych #2 // Alif

31Exposition MAPP’ing / du 8 au 16 Nov / Palais Abdellia

Triptych #2 // Alif – Pointe tubulaire et encre de chine, 65*300 cm

Haythem Zakaria (TU)

Extrait de Le lieu du nom propre, de Arafat Sadallah:

“Comment parler d’une oeuvre qui tente le silence ? Une oeuvre dont il s’ agit d’appeler ou d’accueillir le secret suprême. Le mystère des mystères : Dieu. Autrui inaccessible car absolument autre. Comment nommer l’innommable ? Une oeuvre qui tenterait cela devrait se situer sur la bordure du langage, dans cette limite du sens qui serait l’architrace de toute possibilité de signification. Elle serait une écriture première, secrète absolument, et pourtant traduisible dans toutes les langues car absolument universelle.
Forcément parler d’une oeuvre pareille (ou projet d’oeuvre, car justement une tentative pareille ne peut achever d’oeuvrer) est impossible si parler veut dire seulement communiquer un sens déterminé. Ou si parler veut rendre présent un sens présentable.
Impossible car insensé en soi. Cependant nous pouvons devant cette oeuvre accueillir et méditer ce qu’elle nous donne à penser. Car bien qu’elle soit muette, qu’elle tente le secret, qu’elle ouvre à l’innommable, elle nous appelle à penser. Penser l’autre et le rapport à l’autre et à l’altérité, dans toutes les dimensions de ce rapport (métaphysiques, éthiques, politiques).”

Haythem Zakaria né en 1983 à Tunis. Il vit et travaille actuellement en France.
Ses inspirations embrassent autant la pensée soufie que les techniques visuelles subversives telles que le glitch, la méta-image ou le ciné-process, l’orientant ainsi vers l’expérimentation de dispositifs génératifs en temps réel.
Il explore des procédés visant à augmenter l’image en lui incorporant, greffant ou superposant des indications visuelles ou sonores et sonde ainsi la création visuelle en travaillant sur la prolifération de l’image et sa régénération en partitions visuelles.
Plus récemment, Haythem Zakaria a entamé une série de travaux centrée sur la lettre alif, la première lettre de l’alphabet arabe, et son sens caché. De cette double interrogation est né en 2014  le projet “Alif” : une série de dessins réalisés à l’encre de chine sur papier et représentant une succession de lignes parallèlement ordonnées et connectées.
Connexes et cachées sont peut-être les deux mots qui qualifieraient le mieux les oeuvres de cet artiste digital, dont les préoccupations oscillent entre le besoin de créer une interaction avec l’autre et la nécessité d’inviter cet autre à approfondir sa connexion avec son moi intérieur. Formellement simple, le sens des oeuvres données à voir n’est jamais évident. Soustrait à l’immédiateté, il se révèle à ceux qui patiemment prennent le temps.

http://haythemzakaria.com