Reverse Engineering, High Tone

REVERSE ENGINEERING « Highly Complex Machinery » (Jarring Effects)
HIGH TONE « Out back » (Jarring Effects)

La rétro-ingénierie (traduction littérale de l’anglais reverse engineering) est l’activité qui consiste à étudier un objet pour en déterminer le fonctionnement interne ou sa méthode de fabrication. Mais point ici de plan complexe d’interpolation arithmétique , de complexité physique ou de chimie nucléaire. Bien que le titre pourrait le laisser prétendre. Fondé en 2002 par Alain Decrevel et David Pieffet, rejoints en 2003 par le turntablist G-Bart (Grégory Barthélémy), le trio propose un album subtil dans un style musical sombre et massif proche de certaines productions des labels Ninja Tune et Anticon, dans sa face instrumentale. Belle performance confortée par les morceaux chantés. La qualité des featurings en est la preuve : M. Sayyid (membre d’Antipop Consortium et d’Airborn Audio) pose un flow incisif, Blu Rum 13 s’insinue de façon maligne dans une « Defiance » old school. Les deux MC partagent d’ailleurs le micro à l’occasion du dernier morceau (« Future Shock »). Enfin les voix féminines sont également de la partie : Jasmine, fidèle collaboratrice du trio (l’étrange comptine « Instant Art »), et surtout Diyala, jeune MC croate pour un « World In Reverse  » à la hauteur du meilleur de Tricky .. Fortement conseillé. Trois ans après Underground Wobble et les digressions 100% dubesques que furent les sorties consécutives de la Dub Box et Dub Invaders. C’est donc le grand retour du quintet Croix Roussien. Résolument foisonnant, ce cinquième album intitulé Out Back se verra décliné au travers de deux disques constituant les axes autour desquels les lyonnais ont développé cet opus, probablement l’un des albums les plus curieux de la discographie du groupe. « Spank » et « Dirty Urban Beat » donne le ton : massif et noir. HighTone déboule avec son dub original dans les terres des malfrats. Un dark dub de sous-sol sombre et humide. Des carcasses de guitares électrifiées tombent en larsen sur les platines jouant du dubstep de tranchées. Le groupe hante les fréquences hertziennes et les lignes numériques, martyrise ses rythmiques et booste les pédales fuzz, développe une surenchère de filtres et exploite toute les dérivées électroniques. Un dub qui rumine désillusions et amertumes ? Non pas pour autant.. Entre les eaux saumâtres et les plaisirs digitaux, on retrouve toujours une joie de jouer, de se faire plaisir ..