EDH

EDH « Prédature » (Lentonia Records)

Persévérants, Margaret Fiedler et Guy Fixsen de Laïka l’étaient  assurément. Ils furent l’un des premiers groupes indie à mélanger l’électronique, des rythmiques quasi drum’n’bass, des atmosphères inspirées par le meilleur du jazz  et un chant féminin murmuré presque hip hop par moments. Ils doivent être heureux de savoir que la relève est là.. Elle s’appelle EDH. La sympathie avouée pour son travail trouve ici, une fois encore, de quoi être confortée : synthétisant krautrock, jazz modal, musique électronique et pop… Sur cet album elle étale sur quatorze morceaux, les preuves irréfutables de la maturité galopante d’une demoiselle hautement intéressant et qui, au fil des ans, semble de moins en moins préoccupé par ses influences. EDH se forge, au fil des disques, des collaborations essentiellement avec Hypo, une identité. Ici la pop  se nourrit d’instruments aux riches sonorités, de samples et d’une solide assise bassline. Les mélodies s’enveloppent donc d’ambiances mystérieuses et de paysages sonores brumeux. L’équivalent sonore des contes d’Alice à la fois charmeur et étrange.On chute, on s’enfonce dans un labyrinthe  inextricable d’atmosphères feutrées et interlopes, de poésie toxique faussement naïve, abusé par l’effet apaisant de la douce voix d’Emmanuelle. On vogue au son de cette pop astrale.Tête de lézard et musée des groupes imaginaires, sa musique se niche aujourd’hui quelque part entre celle de O.Lamm et Stereolab, à la différence près qu’elle est aussi hantée par les effluves de Pram. Bel album