Christian Zanési

Christian Zanési « Soixante dix-huit tours » (Double Entendre )

A plusieurs reprises, je suis lancé dans la chronique de ce disque. En vain … Toujours englouti par les interstices de ces structures en évolution permanente. Ecouter ce disque, c’est simplement laisser opérer une rencontre avec le son. L’univers d’un ordinateur dans les années 80 pour la première pièce ; un 78 tours gravé par Pierre Schaeffer en 1949, contenant des samples d’instruments sous forme de sillons fermés pour la seconde. Le morceau s’impose à vous, vous oblige à la pause, vous apportant suffisamment de signaux pour se laisser partir dans le voyage. Mystère et murmures , souffles et percussions sourdes, dans des tissages sonores abstraits et narratifs Christian Zanési développe ses idées musicales, sans précipitation ni étirement excessif. Il trouve là un équilibre, une science du placement qui vous oblige à l’attention. Intense donc, son intention est de dissoudre nos frontières intérieur – extérieur. Nous sommes dans l’intimité d’un espace domestique tout en percevant l’extérieur, ici marqué par une ambiance sombre. Seul, dans votre salon, toutes lumières éteintes.
On s’ouvre sur d’autres espaces, un face à face avec l’histoire tellement chargée de moments essentiels et de monstres cachés. Un parcours poétique bien au-delà de l’exposition du savoir faire. Ce disque est un moment de sons retrouvés. Quelque chose de nécessaire dans notre espace saturé.