BRECHES D’UNE MECANIQUE SONORE

Exposition OBJETS SON / du 18 au 24 Nov / Palais Abdellia

BRECHES D’UNE MECANIQUE SONORE

Installation sonore et visuelle

Ali Tnani (Tunisie) & Lukas Truniger (Suisse)

Ce projet est né d’une pièce performative entre deux machines qui produisent du texte – une machine à écrire et un laptop. L’idée est de connecter des machines de différentes générations sans distinction entre leur fonction usuelle et leurs fonctions méconnues. Le réseau serait peut-être une forme de corps intelligent parlant avec des organes mécaniques à travers ses entrées (inputs), ses sorties (outputs). L’objet son est ici défini par cet assemblage de machines hétéroclites sur un même support et par cette orchestration des noises et des glitch. L’objet son est polysémique. Il s’agit de faire voir dans une machine l’intensité de sa production qu’on récupère pour une autre machine. On y voit des fluctuations, des augmentations et des pertes d’intensité sous forme d’erreurs (sonores, graphiques, mécaniques, électroniques, etc.).

Il s’agit aussi d’une rencontre entre deux artistes qui viennent de contextes différents mais avec un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Une forme de polysémie s’installe dans la démarche et dans le choix des machines à connecter. Ici, point de détournement car chaque machine continue à exercer sa tâche native mais d’une manière méconnue. Une machine à écrire produit du texte pour une déchiqueteuse de papier. Un écran détruit son contenu en fonction d’un son produit par un ressort. Ce dernier change le son d’un radiocassette, etc.

Dans « Brèches d’une mécanique sonore » nous explorons ces possibilités absurdes en les intensifiant.

Ali Tnani est né en 1982 en Tunisie. Il vit et travaille entre Tunis et Paris. Il exploite divers médias tels que la photographie, le dessin, et l’installation sonore. Depuis 2007, il travaille sur l’idée du reste et le lieu. Il aborde ce thème récurrent en proposant une nouvelle lecture de ce qui n’a plus de destinée. Des éléments organiques, industriels ou encore multimédias deviennent des points et des repères dans une « cartographie du reste ». La carte des restes produit divers informations, documents et formats. Elle n’est jamais immuable. Rien ne lui sied durablement. Comme celle du monde, elle est constamment renouvelable. Les frontières ne sont pas figées. La carte est l’état qui permet aux restes de se réintégrer dans d’autres cycles.

Lukas Truniger est né en 1986 en Suisse et il vit en Allemagne. Il est musicien, designer sonore et il travaille sur la jonction entre différents médias. Ses sujets principaux sont la recherche de nouveaux bruits dans l’environnement et dans le domaine numérique. Il travaille également avec la sonorité de l’espace. Sa pratique s’articule autour de musiques performatives avec des instruments nouveaux, d’installations et de film scoring. Il travaille sur l’interférence entre la perception sonore et la perception visuelle. Au centre de ses préoccupations récentes : la possibilité de considérer un point comme une structure multidimensionnelle.