Autechre

AUTECHRE
Sean Booth et Rob Brown sont sans aucun doute les artistes les plus influents de ces dernières années. En décorateur de l’éphémère, le duo anglais revient sur le devant de la scène, de façon presque métronomique depuis de nombreuses années (1 album tous les 2 ans), et présente à nouveau leurs expérimentations inspirées des effets scope d’un John Barry lunaire et des harmonies futuristes dont eux seuls ont le secret. Confield commence par quelques minutes sombres et grinçantes où l’on se retrouve devant un aménagement de tuyauteries obstruées de limaille industrielle, charriant derrières eux hip-hop désossé, électronique infectieuse et mercure mélodique…Vient alors une sensation quasi narcotique et tranquillement toxique qui vous fait rentrer dans cette bulle de Plexiglas raffinée resplendissant d’atmosphères chaotiques, d’ambiances religieuses (sur « Cfern »), ou de fièvres concassées par les lames de fond. C’est l’ivresse des grands fonds mariant les démangeaisons cosmiques et les vertiges rythmiques, le blues des profondeurs et les remous expérimentaux, les mélodies simples « fédératrices » et les nappes feutrées d’une soul urbaine électronique, la complexité chaotique de la profondeur des machines et la sinusoïde de la mère électricité . C’est le festival des bleeps électroniques, des breaks asthmatiques, des métaphores orchestrales et des mécaniques laborantines. Un album à la géométrie variable, construit comme un château de carte à l’équilibre incertain, un univers mutant où breaks tranchant et danses neurasthéniques dament le pion aux furies charnelles. Plongée en eau trouble, apnée au milieu des fumigènes, cet album n’est pas des plus festif mais il m’a réconcilié définitivement avec ces « généticiens de l’électron ».
« Confield » (Warp/ Source)

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